mardi 18 décembre 2012

Week-end à Zuydcoote

Robert Merle

Gallimard, 281 pages

Prix Goncourt 1949





L’action de ce roman est découpée en quatre demi-journées (les quatre parties), du samedi matin au dimanche soir et se déroule dans la poche de Dunkerque. Des centaines de milliers de soldats français et britanniques, dos à la mer, sont pris au piège de l’avancée fulgurante de l’armée allemande, en mai 1940.

Le sergent Julien Maillat, le personnage principal, cherche à embarquer pour l’Angleterre sur l’un des nombreux bateaux dépêchés sur place dans la précipitation.


Lui et ses compagnons d’infortune, Alexandre, Pierson le curé, Dhéry, Pinot et son fusil mitrailleur qu’il ne quitte pas, sont installés à côté du sanatorium de Zuydcoote. Maillat fait la connaissance d’une jeune fille qu’il sauve d’un viol dans le village voisin de Bray-Dunes.
Dans les rues et jusqu’aux dunes, les rues sont encombrées de véhicules en tout genre, la plage est remplie de soldats qui attendent d’embarquer dans une cohue indescriptible. Tout se délite, tout s’effondre, à l’image de cette bataille de France qui va très mal tourner pour les alliés. Au cours de ce Week-end à Zuydcoote, tout est désordre sous le bombardement incessant des Stukas allemands.

Robert Merle s’est inspiré de son expérience personnelle et d’ailleurs, le personnage de Maillat présente quelques uns de ses traits dont la connaissance de l’anglais littéraire. Ce roman donne une grande place aux dialogues, ce qui permet de reconstituer le bagou et l’argot des soldats de l’époque et de développer plusieurs conversations sur la guerre ou la religion. Week-end à Zuydcoote, le premier roman de Robert Merle, obtint le prix Goncourt en 1949 et fut adapté au cinéma par Henri Verneuil en 1964.


"Le sifflement de l'avion qui piquait était si fort qu'il avait couvert sa voix. Il descendait sur eux à une vitesse folle. C'est absurde, pensa Maillat, tout ceci est absurde. Au même instant, sa tête se remplit d'un bruit énorme, il se sentit violemment poussé en avant, et s'affala sur Atkins. Atkins le retint à bras-le-corps pendant une seconde ou deux, puis perdit l'équilibre à son tour, et roula avec lui sur le pont. Maillat saisit la barre de dessous de la rambarde, et s'y cramponna. Il lâcha prise aussitôt. Deux hommes venaient  de tomber sur lui de tout leur poids. Il cria.
- Here, Sir, dit la voix d'Atkins
Il se sentit soulevé par les épaules, remis sur pied.
Atkins était devant lui.
- Êtes-vous blessé? cria Maillat en français.
Atkins ne le regardait pas. Son visage qui faisait face à l'avant du cargo était éclairé d'un reflet pourpre et paraissait hébété. Il ouvrit plusieurs fois la bouche, mais Maillat ne put entendre sa voix. Des hurlements sans nom la couvraient. Maillat se retourna. des flammes sortaient de l'avant du bateau". (Page 125)

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