mardi 21 juin 2016

Compagnie K, William March

William March

Gallmeister, 259 pages

1933 aux USA

Titre d'origine: Company K



Étonnant et saisissant roman que Compagnie K. 133 chapitres, courts et percutants. 133, c'est le nombre d'hommes que compte la compagnie K, de l'armée des États-Unis d'Amérique. L'auteur, William March, vétéran de la première guerre mondiale, offre un tableau saisissant de la guerre de 14, un tableau sombre, amer, terrible, peint essentiellement à partir des tranchées.

On s'engage sous la pression populaire et la propagande, on exécute les prisonniers, on se bat au corps à corps, sous le déluge de feu et de mitraille. On en revient blessé, physiquement et ou psychiquement, hanté par les morts et les blessés, et poursuivi par la mauvaise conscience des actes effectués pendant les combats et que l'on regrette aussitôt.

Les Doughboys du Corps expéditionnaire américain (AEF)


Les USA sont entrés en guerre à la fin de l'année 1917 et le corps expéditionnaire (AEF, American expeditionnary Force), et ses milliers de Doughboys, est arrivé très rapidement et a pris part aux batailles de l'Aisne, de Meuse, Argonne, Saint-Mihiel...). Compagnie K s'inscrit dans cette histoire.

Chaque chapitre pourrait être une courte nouvelle, du point de vue du soldat qui parle à la première personne. Mais l'ensemble s'articule et s'organise, et donne à voir la vie d'une unité telle que la Compagnie K. La vie et aussi la mort pourrait-on dire.

Un roman polyphonique


Ce roman choral donne parfois à voir certaines actions sous plusieurs angles, selon les points de vue de différents soldats. Comme cet officier qui envoie un groupe d'hommes à l'attaque d'un nid de mitrailleuse. Dans le chapitre suivant, c'est le point de vue des soldats à l'attaque qui est développé.
Une technique employée plus tard par l'écrivain Laurent Gaudé dans son roman Cris, publié en 2001.

Ce roman balaie toute forme d'héroïsme et traite de la guerre comme une chose vaine et cruelle, à la manière d'un Dalton Trumbo, autre auteur américain qui publia Johnny s'en va en guerre en 1939.


"La compagnie K a engagé les hostilités le 12 décembre 1917 à 22h15 à Verdun (France) et a cessé le combat le 11 novembre 1918 au matin près de Bourmont, ayant la nuit précédente traversé la Meuse sous les bombardements ennemis; et ayant participé, au cours de la période susmentionnée, aux opérations décisives suivantes: Aisne, Aisne-Marne, Saint-Mihiel et Meuse-Argonne.
De nombreux hommes ont été cité pour leur bravoure, et les décorations ont effectivement été décernées pour service exemplaire sous le feu: 10 croix de guerre (dont quatre avec palme); 6 Distinguished service cross; 2 médailles militaires et une Medal of honnor, cete dernière ayant été attribuée au soldat Harold Dressern un homme qui a fait preuve d'un courage individuel peu commun. (Caporal Stephen Waller)
Après la fin de la guerre, j'ai repris mon ancien boulot d'employé de la General Hardware Company, et j'y suis toujours. Dans ma ville, les gens me montrent du doigt à ceux qui ne sont pas du coin en leur disant: " ce type est rentré l'uniforme couvert de médailles, vous l'auriez jamais deviné, hein?" Et les gens qui ne sont pas du coin répondent toujours que c'est vrai, jamais ils l'auraient deviné". (Soldat Harold Dresser)


 Pour aller plus loin, on consultera les chroniques des ouvrages suivants:



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